Le Grand Débat

En tant qu’étudiant du français intéressé aux politiques internationaux et des affaires contemporaines, je suive attentivement tout développement dans l’Élection présidentielle de 2017. Hier soir, j’ai regardé Le Grand Débat en direct sur le channel YouTube de LCI.

Tout d’abord, il me faut rajouter encore une fois mon admiration pour le niveau du discours politique beaucoup plus élevé en France qu’au Royaume-Uni. Également, il vaut remarquer la disparité révélatrice en ce qui concerne l’engagement à la politique des deux peuples. Le Grand Débat a attiré 9,8 million de téléspectateurs, tandis qu’il n’y avait qu’entre 1 million et 4 million de téléspectateurs britanniques des débats concernant le référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne.


En regardant le débat présidentiel de lundi à l’étranger, on ne peut qu’être frappé par la pensée qu’il s’agit d’une élection qui peut être encore plus importante pour le monde extérieur que pour les Français.

Il est également très important pour les Français, bien sûr. En ce qui concerne les choix politiques, la France est confrontée à des défis aussi importants que ceux de n’importe quel autre pays européen de premier plan, mais en termes de système politique, les enjeux sont plus élevés que quasiment partout sur le continent.

Les deux principaux candidats aux élections, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, se tiennent à l’écart du système traditionnel des partis. En plus, les avant-coureurs des partis républicains et socialistes ont été renversé par les candidats insurgés qui ont mieux retenu l’ambiance de leurs audiences. Si François Fillon, candidat de centre-droit, et Benoît Hamon, du Parti socialiste, ne parviennent pas au ruissellement, il s’agit d’un bouleversement fondamental du système de partis.

Mais, de l’extérieur, le plus grand intérêt est de savoir si la France marquera une troisième victoire dans la rébellion contre l’ordre mondial après le référendum Brexit et l’élection Trump. Un run-off de Macron-Le Pen signifierait une confrontation de midi entre le mondialisme et le populisme.

Les sondages d’opinion indiquent que Marine Le Pen est attachée pour la première place avec Emmanuel Macron, avec des partis établis à la traîne. Chacun des deux coureurs de tête a un soutien de 26%. Dans le second tour, si les élections se tiennent, Macron devrait triompher.

Mais alors que la plupart des soutiens de Marine Le Pen font état d’une foi inébranlable en elle, le soutien de Macron est moins robuste. Beaucoup de ceux qui préfèrent l’ancien ministre de l’économie ne sont pas entièrement sûrs de leur choix. S’il devait trébucher dans un débat, ou mettre en place un programme trop explicitement de droite ou de gauche, il pourrait effrayer certains de ses partisans actuels.

Donc, lorsque les cinq principaux candidats se sont réunis pour un débat marathon, les enjeux étaient les plus élevés pour Macron. Il a une expérience limitée dans de tels affrontements, n’ayant pas pris part à une partie primaire. Il n’a jamais été élu à un poste. Il est souvent vague au sujet de son programme (avéré ni gauche ni droite). Et chacun des autres candidats avait toutes les raisons de l’affronter comme un avant-coureur.

Calme – voire ennuyeuse – au début, la confrontation a pris un tour plus dynamique à mesure que la nuit avançait, sous les yeux d’un public autorisé à rire aux bons mots, ce qui a parfois donné à ce long débat des faux airs d’émission de divertissement. Près de 3h30 de discussions et de propositions en rafales, entrecoupées de passes d’armes, d’interpellations et de quelques traits d’humour.

Y-avait-il un gagnant ressortissante du débat ? Peut-on penser que ce gagnant aura attiré vers lui les électeurs indécis? J’examine les performances des cinq candidats de l’extrême-gauche à l’extrême-droite.


Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) :

Un vrai talent de débatteur, notamment face à Marine Le Pen et à Emmanuel Macron, il ne fait pas dans la demi-mesure – c’est tout ou rien. Et lorsqu’il est en forme et naturel – comme lors d’une grande partie de la soirée – le candidat de la France Insoumise se transforme en adversaire redoutable bien souvent au centre du débat. À l’aise, il a coupé Marine Le Pen, François Fillon et appuyé ses idées avec force, sans bégayer. Toujours prêt à se lancer dans des tirades enflammées, si Mélenchon cherchait à gommer son image de politique agressif, il n’a pas perdu sa soirée.

Ses militants et alliés comptaient beaucoup sur ce débat comme étage de laquelle l’eurodéputé saurait s’adresser à ses électeurs en dénonçant les incohérences d’un système libéral dont ils seraient les victimes. Ils ne doivent pas être déçus. Il n’a rien perdu de ses qualités oratoires, alternant saillies humoristiques, envolées lyriques et séquences professorales. Alternativement détendu, concentré, et parfois grave, il a plusieurs fois provoqué des éclats de rire sans rien sacrifier sur le fond.

Si Emmanuel Macron a été jugé le plus convaincant par 29% des téléspectateurs dans un sondage Elabe pour BFMTV réalisé pendant l’émission, Jean-Luc Mélenchon se classe deuxième (20%), juste devant François Fillon et Marine Le Pen (19%) mais loin devant son rival socialiste surclassé Benoît Hamon (11%).


Benoît Hamon (Parti Socialiste) : 

Quand Benoît Hamon a déroulé ses propositions, déjà présentées dans la primaire, il était à l’aise. Son propos était propre. Sans fautes. Offensif, le candidat du PS n’a pas ménagé ses coups en tentant de faire la différence. Dès les premières minutes, Hamon se met à décocher des flèches vénéneuses. Sa cible préférée : Emmanuel Macron, l’homme qui menace de faire imploser sa famille socialiste.

Lorsque François Fillon l’attaque sur son revenu universel et les «32 heures», Hamon renvoie l’ex-Premier ministre à ses propositions de suppressions de 500 000 fonctionnaires et à ses affaires. «Vous êtes très forts en soustractions, moins en additions, sauf quand il s’agit de votre propre argent». La phrase, visiblement préparée, a été un peu cachée par un Fillon continuant son propos. Mais, ciselée, elle restera.

En revanche, le candidat socialiste a eu du mal à surprendre, à tourner, en une formule, une séquence du débat à son avantage. Dans cet exercice, Jean-Luc Mélenchon s’est montré plus entreprenant. Sa phrase adressé à Fillon sur son «propre argent» et son piège tendu – et qui a fonctionné – à Emmanuel Macron sur la transparence du financement politique, tout cela était préparé. Malgré une image propre et un style de débat agressif qui joue bien avec les caméras, Hamon a parfois manqué de spontanéité.


Emmanuel Macron (En Marche !) :

Au début de son baptême dans cette discipline, Macron apparaît en retrait. Un peu raide et didactique, il déroule ses propositions, sans interpeller ses adversaires. La flèche que lui décoche Marine Le Pen sur le burkini puis les comptes que Benoît Hamon lui demande sur ses donateurs le piquent au vif. La première heure du débat : sur l’école, la sécurité ou l’immigration, Macron décline alors son programme en premier de la classe. Propre mais sans relief. Il avait occasionnellement des sorts de gaufrage (par exemple lorsqu’il était pressé sur la façon dont il traiterait les relations avec Donald Trump, et encore une fois en résumant). Pour le téléspectateur, le plus jeune des candidats est transparent au regard d’une Marine Le Pen en pleine forme et d’un Jean-Luc Mélenchon tribunitien.

Ses deux manières principales de se distinguer – son étreinte de l’Europe et sa candidature de non-partie – ont chuté à la fois. TF1, le canal qui a modéré le débat, a malheureusement relégué la question de l’Europe à la fin pressée d’une session de trois heures. Et, contrairement à Le Pen, qui présente l’image de l’outsider anti-élitiste à la perfection, Macron ne pouvait pas faire fonctionner son indépendance pour lui. C’était, en partie, parce qu’il est entièrement de l’établissement, même si sa carrière politique a été courte, mais surtout c’est parce que son inexpérience a montré. En plus, il a laissé les autres voler son tonnerre: Le Pen se présente comme le défenseur des entrepreneurs, et François Fillon a pris le manteau de l’adulte responsable en attaquant la proposition de la présidente du Front National de quitter l’euro.

Le candidat En Marche! a passé une partie non négligeable de son temps de parole à identifier des points de convergence avec ses adversaires, notamment avec François Fillon. «On est d’accord», «je souscris à cela», «ce qui vient d’être dit est juste»,«je partage cette priorité». Désireux d’incarner le dépassement des clivages, Macron a incarné l’alternance au “tic tac” des majorités de droite comme de gauche en ainsi distribuant des bons points à chacun des autres candidats, de Marine Le Pen, sur l’autisme à Jean-Luc Mélenchon sur la sécurité. Sans cesse renvoyé à son statut d’ancien ministre de François Hollande, Macron a habilement droitisé son discours en donnant raison à François Fillon à au moins cinq reprises sur les questions économiques ainsi que sur l’apprentissage, les institutions, ou encore le Brexit ! S’il voulait s’adresser aux électeurs de droite déçus par leur candidat, fragilisé par les affaires, il n’aurait pas fait autre chose.

Macron ne s’est pas trompé dans son premier grand test télévisé; au lieu de cela il a gagné en assurance au fil du débat – assez pour nier François Fillon la chance de trop rétablir sa crédibilité, et au point de rechercher la confrontation avec ses rivaux et tout particulièrement avec Marine Le Pen. Il a évité le faux pas des débutants que ses adversaires attendaient et peu à peu réussi à prendre de la hauteur. On connaissait Macron en champion de la “bienveillance”, et s’il a passé un long moment à chercher des points d’accord avec ses adversaires, y compris Marine Le Pen, c’est qu’il n’a guère su se montrer pugnace lorsqu’il se faisait harceler par ses compétiteurs. Essoré et défensif, il se laissa facilement pousser et provoquer. Ainsi, quand Macron prétend vouloir «une politique française forte et responsable», Le Pen avait raison de prendre les téléspectateurs témoin de la vacuité de ses vagues platitudes:  «Mais ça ne veut rien dire, forte et responsable! Vous arrivez à parler sept minutes et je suis incapable de résumer votre pensée», a raillé la candidate du FN.


François Fillon (Les Républicains) :

Entré fragilisé par les affaires, François Fillon a retrouvé son costume de candidat à la primaire, sobre, parfois distant, mais sûr de son projet, qu’il a qualifié de «plus cohérent et de plus stable». Spectateur des échanges entre Le Pen et Mélenchon d’une part Macron et Hamon d’autre part, Fillon a souvent été, dans la première partie de l’émission, signalé «en retard» dans son temps de parole. Certaines de ses propositions ont été au centre des discussions, comme l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans ou les quotas migratoires. Une manière de marquer Marine Le Pen sur le discours de fermeté. La question des retraites puis celles du temps de travail ont ensuite remis François Fillon au centre du débat, où, face aux assauts furieux de Jean-Luc Mélenchon, il a parfois pris des allures d’élève penaud.

Eclipsé pendant la première moitié du débat, c’est sur ce deuxième sujet, celui de l’économie, que l’ancien Premier ministre espérait donc faire la démonstration de son expérience et de la solidité de ses propositions. Accumulant du retard dans son temps de parole, l’ancien premier ministre s’est rattrapé sur l’économie et sa promesse de rupture libérale, distribuant alors les bons et les mauvais points à ses compétiteurs. Promettant la “ruine” à Marine Le Pen et raillant les “rêves” non financés de ses rivaux, sur les questions économiques, Fillon a parlé avec sensibilité, soulignant la nécessité urgente de créer les conditions pour stimuler l’investissement privé. Quant aux affaires étrangères, en revanche, il était un apologiste embarrassant pour Vladimir Poutine, dont l’invasion de la Crimée, il bizarrement assimilé à l’intervention occidentale au Kosovo.

Fillon s’est même offert plusieurs marques de soutien d’Emmanuel Macron qu’il a renvoyé plusieurs fois à son bilan. Mais dans sa confrontation avec Macron, le candidat LR n’aura pas réussi à faire, comme il l’espérait, la démonstration de sa supériorité. S’il a renvoyé son rival à son statut d’ancien «conseiller» de François Hollande qui n’avait «aucune légitimité» pour «gouverner le pays», il s’est attiré, en retour de nombreuses allusions à sa très grande ancienneté politique. Modérée mais constante, sa performance a atteint la bonne combinaison de compétence et une veine gaulliste d’esprit de clocher pour maximiser l’appel à la fois aux électeurs conventionnels de centre droit et ceux attirés par le nationalisme de Marine Le Pen. Ayant plutôt été à la tête du peloton, il se peut qu’il ait étouffé le saignement souffert par sa campagne à cause d’allégations de corruption sur le paiement des salaires officiels aux membres de sa famille. Cependant, les chiffres de son sondage ont flotté au-dessous d’un niveau précédent de 20%, ce qui suggère que – à court d’une grosse erreur de Macron – il peut faire peu pour restaurer sa fortune.

Alors que depuis fin janvier, et les premières révélations du Canard enchaîné sur l’emploi présumé fictif de Penelope Fillon, la campagne présidentielle est rythmée par les affaires, celles-ci ont été absentes du débat télévisé. François Fillon s’attendait pourtant à être au centre des attaques de ses adversaires sur ce sujet délicat. Mise à part de rapides allusions de Mélenchon et d’Hamon, Fillon a pu traverser cette soirée sans avoir à se défendre des accusations qui lui ont valu d’être mis en examen pour détournement de fonds publics, recel et complicité d’abus de biens sociaux. Un grand soulagement pour les fillonistes qui craignaient que les scandales ne rendent inaudible leur candidat. En fait, le candidat Les Républicains s’est même permis de venir lui-même sur ce terrain en proposant de mettre en place une « commission qui planche sur les conflits d’intérêts et les règles de la transparence » en cas d’élection à l’Elysée. Aucun autre candidat ne l’a alors interpellé.


Marine Le Pen (Front National) :

Un débat pour se construire une image de présidentiable. C’était l’enjeu pour Marine Le Pen. En tête de la quasi-totalité des sondages mais donnée perdante dans tous les cas de figure au second tour, Le Pen était venue chercher un surcroît de crédibilité présidentielle. Personne ou presque n’a cherché à la lui refuser. Pas de dérapage, pas d’outrance, même lorsque les autres candidats l’attaquent. Marine Le Pen garde son calme, répond certes pied à pied, mais préfère garder le cap et décliner son programme.

Le Pen s’est montrée suffisamment forte pour rassurer ses supporteurs. Si ses sympathisants votent Le Pen d’abord pour son discours en matière de sécurité et d’immigration, la candidate aura coché toutes les cases pendant ce débat. En tant que conférencier, au moins sur les sujets où elle se sent à l’aise, elle a pu dérouler, parfois sans aucune contradiction de ses compétiteurs, son projet contre l’immigration, contre «l’islam politique» et contre la mondialisation. Elle a salué la «grande» décision de la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne et ses appels à protéger l’économie nationale contre la «mondialisation sauvage» ont fait écho à Donald Trump. Pourtant, même elle a dit qu’elle «respecterait» les électeurs et leur laisserait décider, lors d’un référendum, quelles seraient les relations de la France avec l’UE, en supprimant son euroscepticisme pour rassurer les électeurs prudents qu’une présidence de Le Pen ne signifierait pas la sortie de l’Union jour un.

Enfin, ceux qui rejetaient déjà la frontiste continueront à le faire. Ceux qu’elle séduit, de plus en plus nombreux, ne demandaient rien d’autre. Elle voulait s’affirmer comme la candidate de l’indépendance de la France face à l’Europe et au libre-échangisme. Personne ne lui a contesté le rôle. Marine Le Pen elle-même n’aura pas surpris le public, avec ses qualités objectives — constance et combativité — et ses défauts manifestes : jamais loin d’une certaine suffisance, la frontiste ne sera pas toujours apparue aussi stoïque et présidentielle qu’elle le souhaiterait.


Les cinq principaux candidats ont débattu pendant plus de trois heures. Rien ne s’est passé pour déterminer la course, cependant. Les débats restants, mettant en vedette onze candidats qualifiés et offrant ainsi moins d’exposition chacun, sont encore moins susceptibles de le faire.

Le débat a peut-être été très intéressant en prévision de l’apparition de plus en plus probable du second tour entre Emmanuel Macron, pro-UE, pro-commerce et socialement libéral, et Marine Le Pen, une personnalité isolationniste et anti-immigrante. Au final, pas de grand vainqueur ni de vaincus. Mais une campagne électorale enfin lancée.

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Président Paddy MacMahon

I was reading about the Paris Commune of 1871 when I found references to a President MacMahon. That surname was screaming out at me, and I had to find out more. How did a statesman of patently Irish descent – and with a name like MacMahon – become President of the French Republic?


Patrice de MacMahon was born in Sully, Saône-et-Loire in 1803. His ancestors, however, were part of the Dál gCais and were Lords of Corcu Baiscind in Ireland. After losing much of their land in the Cromwellian confiscations of aristocratic wealth, a branch of this royalist family had fled and settled in France, applying for French citizenship in 1749. Fifty-four years later, France’s future President, wee Paddy MacMahon, was born.

During an impressive military career, MacMahon rose rapidly through the ranks. Beginning as a junior officer in the 1830s, he served with distinction in Algeria and in Crimea in the 1850s, by which time he was a Divisional General. He commanded the “Army of Italy” in the Second Italian War of Independence, achieving the rank of Maréchal de France before being named Duke of Magenta by Napoléon III. In the Franco-Prussian War, MacMahon commanded on the Army of the Rhine’s Southern line. Encircled at Sedan – in part due to MacMahon’s indecision – the French under Napoléon III surrendered, and MacMahon was taken prisoner.

After the French surrender to the Prussians in January 1871, a new interim government was formed in Versailles. Radicals in Paris rejected this government and formed the Paris Commune. In May 1871, MacMahon led the troops of the Versailles government against the Commune. In the bitter fighting of what was later called La Semaine Sanglante (“The Bloody Week”), the government forces under MacMahon crushed the Commune with many communards being executed. He was not blamed for the repression, but instead became the hero of the hour for the Right.

In May 1873, MacMahon was elected President by the National Assembly. Only one vote was cast against him. He assisted at the proceedings which, in 1875, led to the establishment of the Third Republic, but was nevertheless convinced that the triumph of Radicalism would be to the detriment of the nation. As such, he restrained the political advance of secular parties hostile to the Catholic Church, prosecuted newspapers, removed senior officials suspected of support for republicanism, and suppressed the pamphlets and meetings of critics of the regime.

After successive electoral victories for the Left in October 1877 and January 1879, he resigned. Patrice de MacMahon, Duke of Magenta and former President of the French Republic died in Loiret in 1893. He was buried with national honours in the crypt of Les Invalides.


How brilliant is that, a French President called MacMahon?

Le démantèlement de la « Jungle de Calais »

Le démantèlement de la « Jungle de Calais » est-il justifiable ?

Suite à la croissance exponentielle de la « Jungle de Calais » pendant cette crise migratoire européenne récente, une décision de justice a ordonné le démantèlement partiel du bidonville malgré l’appel des associations qui s’opposaient à l’évacuation. Le tribunal administratif de Lille a déclaré que tous les habitants de la zone sud, installée il y a un an sur ordre de l’État, devront déménager vers un nouveau complexe créé pour les héberger. L’État parle d’une amélioration des conditions pour les personnes en danger. Les habitants du bidonville, cependant, ne font plus confiance à l’établissement français, et ils craignent une motivation cachée et plus cruelle de la part de l’État. Cette dissertation va considérer la justification offerte pour le démantèlement et, en évaluant les réponses des associations humanitaire qui protègent des migrants et qui parle de leur sécurité, elle décidera si le déplacement est justifiable.

Premièrement, il faut constater la position de L’État, celle qui parle d’une détermination à protéger les personnes en danger. Le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, par exemple, faire prévue d’humanité en ce qui concerne la protection des migrants « en situation de danger aujourd’hui et donc il faut les sortir de cette boue ».[1] Accueillant la décision du tribunal, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a aussi promis que dans « un but humanitaire, l’action de mise en protection des réfugiés se poursuivra par la mobilisation de toutes les solutions d’hébergement existantes ».[2] L’État défend donc le démantèlement grâce aux centres d’accueil provisoire, des conteneurs chauffés offerts aux migrants pour mieux les héberger, alors qu’il existe aussi la possibilité de rejoindre les 102 centres d’accueil et d’orientation situés aux quatre coins de la France. Ces provisions représentent donc des possibilités pour les migrants d’échapper aux tentes, mais la France a aussi d’autres motivations pour vouloir expulser les migrants de la zone sud de la « Jungle ». Il est aussi important que les autoroutes près de Calais devienne moins ciblées par les migrants cherchant un passage vers le Royaume-Uni. Au-delà de cela, il y a la volonté politique d’empêcher leur installation pour subvertir le flux de migrants dirigé vers Calais.

Par contre, une lettre ouverte des associations au ministre de l’Intérieur condamne le démantèlement, qu’ils estiment comme n’apportant « aucune solution et ne fera qu’envenimer davantage la situation ».[3]  Selon eux, il ne servira qu’à fragiliser encore plus les exilés qui ont déjà soufferts et qui ont déjà subi des violences tout au long de leur parcours pour arriver jusque-là. Compte tenu du fait qu’ils n’abandonneront leur but, une évacuation brutale provoquerait des reconstitutions rapides de campements, comme explique un représentant de l’Auberge des migrants : « On a déjà connu les expulsions, ainsi que les reconstitutions de camp. Le cycle continue ».[4] Ce démantèlement risque donc l’éparpillement et l’errance des migrants, un phénomène déjà en train de se passer. En fait, depuis le resserrement récent de la frontière calaisienne, les migrants cherchent des ferrys dans d’autres villes, aux alentours desquelles jaillissent des petites jungles.[5] La décision de justice mène alors à l’épandage des migrants, ajoutant à la tension déjà perçue à Calais des tensions préfectorales loin au-delà de cette région. D’ici un an, l’État se sentirait obligé de démanteler plusieurs campements à cause de l’approvisionnement insuffisante offerte maintenant aux exilés de Calais.

Cela nous conduit, par ailleurs, à examiner l’aggravation des associations. C’était en mars 2015, sous l’impulsion du gouvernement, que l’État a contraint les migrants des différents campements à venir s’installer dans cet endroit, et l’appel a été accompagné par l’engagement que les migrants n’y seraient pas délogés de force. Cette décision de justice représente un reniement rapide de cet accord avec l’utilisation de gaz lacrymogène comme méthode entre autres pour débarrasser cette zone de ses habitants.[6] Ayant été invités par l’État à installer là, les migrants se trouvent expulsés par ses représentants dans moins d’un an de manière forcée, et c’est pour cela que Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours catholique, parle d’une « rupture de confiance entre migrants et gouvernement ».[7] En plus, c’est à cause de ce manque de foi que les migrants sont maintenant récalcitrants aux nouveaux conteneurs, auxquels ils devront entrer par l’empreinte de la paume de la main. Ce système d’admission a rendu sceptiques de nombreux migrants, et ils craignent d’être obligés ensuite de déposer une demande d’asile en France.[8] Celle-ci est la motivation perçue comme cachée par l’État aux esprits des migrants, et il devient évident depuis la disparition des lieux de vie dans la « jungle » que la plupart des exilés préféraient rejeter un tel espace.[9]

Quelles que soient ses objectifs, l’intervention de l’Etat dans cette crise sous la forme des conteneurs est franchement insuffisante. Les conteneurs sont en grand partie décevants, et de grandes améliorations en termes de conditions de vie sont fortement requises. Il faut remarquer aussi qu’aucune provision communale n’est fournie pour remplacer celles détruites dans le campement actuel. Tous ces inquiétudes augmentent encore plus lorsqu’il s’avère que les représentants de l’État et des associations ont aussi avancé des chiffres très différents sur le nombre de migrants potentiellement touchés par l’ordonnance. Selon la préfète du Pas-de-Calais, il y a 3 700 habitants dans la « jungle », dont 800 à 1 000 vivent dans la zone sud.[10] Cependant, le recensement effectué par l’association L’Auberge des migrants a montré que 3 455 migrants se sont installés dans la zone sud seule.[11]  Il en résulte que le souhait de l’État de réduire la population totale à 2 000 personnes se retourne contre lui car il faudrait effectivement l’expulsion de plus de gens vulnérables que prédit. Compte tenu du fait que l’État ne puisse pas forcer les migrants à quitter la France, il faudrait trouver une solution plus permanente en leur offrant à tous un hébergement car s’ils n’ont pas la possibilité de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni, il faudrait au moins qu’ils soient capables de demander l’asile ou de s’héberger sans la menace d’expulsion, comme est leur doit humaine.

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