Le Grand Débat

En tant qu’étudiant du français intéressé aux politiques internationaux et des affaires contemporaines, je suive attentivement tout développement dans l’Élection présidentielle de 2017. Hier soir, j’ai regardé Le Grand Débat en direct sur le channel YouTube de LCI.

Tout d’abord, il me faut rajouter encore une fois mon admiration pour le niveau du discours politique beaucoup plus élevé en France qu’au Royaume-Uni. Également, il vaut remarquer la disparité révélatrice en ce qui concerne l’engagement à la politique des deux peuples. Le Grand Débat a attiré 9,8 million de téléspectateurs, tandis qu’il n’y avait qu’entre 1 million et 4 million de téléspectateurs britanniques des débats concernant le référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne.


En regardant le débat présidentiel de lundi à l’étranger, on ne peut qu’être frappé par la pensée qu’il s’agit d’une élection qui peut être encore plus importante pour le monde extérieur que pour les Français.

Il est également très important pour les Français, bien sûr. En ce qui concerne les choix politiques, la France est confrontée à des défis aussi importants que ceux de n’importe quel autre pays européen de premier plan, mais en termes de système politique, les enjeux sont plus élevés que quasiment partout sur le continent.

Les deux principaux candidats aux élections, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, se tiennent à l’écart du système traditionnel des partis. En plus, les avant-coureurs des partis républicains et socialistes ont été renversé par les candidats insurgés qui ont mieux retenu l’ambiance de leurs audiences. Si François Fillon, candidat de centre-droit, et Benoît Hamon, du Parti socialiste, ne parviennent pas au ruissellement, il s’agit d’un bouleversement fondamental du système de partis.

Mais, de l’extérieur, le plus grand intérêt est de savoir si la France marquera une troisième victoire dans la rébellion contre l’ordre mondial après le référendum Brexit et l’élection Trump. Un run-off de Macron-Le Pen signifierait une confrontation de midi entre le mondialisme et le populisme.

Les sondages d’opinion indiquent que Marine Le Pen est attachée pour la première place avec Emmanuel Macron, avec des partis établis à la traîne. Chacun des deux coureurs de tête a un soutien de 26%. Dans le second tour, si les élections se tiennent, Macron devrait triompher.

Mais alors que la plupart des soutiens de Marine Le Pen font état d’une foi inébranlable en elle, le soutien de Macron est moins robuste. Beaucoup de ceux qui préfèrent l’ancien ministre de l’économie ne sont pas entièrement sûrs de leur choix. S’il devait trébucher dans un débat, ou mettre en place un programme trop explicitement de droite ou de gauche, il pourrait effrayer certains de ses partisans actuels.

Donc, lorsque les cinq principaux candidats se sont réunis pour un débat marathon, les enjeux étaient les plus élevés pour Macron. Il a une expérience limitée dans de tels affrontements, n’ayant pas pris part à une partie primaire. Il n’a jamais été élu à un poste. Il est souvent vague au sujet de son programme (avéré ni gauche ni droite). Et chacun des autres candidats avait toutes les raisons de l’affronter comme un avant-coureur.

Calme – voire ennuyeuse – au début, la confrontation a pris un tour plus dynamique à mesure que la nuit avançait, sous les yeux d’un public autorisé à rire aux bons mots, ce qui a parfois donné à ce long débat des faux airs d’émission de divertissement. Près de 3h30 de discussions et de propositions en rafales, entrecoupées de passes d’armes, d’interpellations et de quelques traits d’humour.

Y-avait-il un gagnant ressortissante du débat ? Peut-on penser que ce gagnant aura attiré vers lui les électeurs indécis? J’examine les performances des cinq candidats de l’extrême-gauche à l’extrême-droite.


Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) :

Un vrai talent de débatteur, notamment face à Marine Le Pen et à Emmanuel Macron, il ne fait pas dans la demi-mesure – c’est tout ou rien. Et lorsqu’il est en forme et naturel – comme lors d’une grande partie de la soirée – le candidat de la France Insoumise se transforme en adversaire redoutable bien souvent au centre du débat. À l’aise, il a coupé Marine Le Pen, François Fillon et appuyé ses idées avec force, sans bégayer. Toujours prêt à se lancer dans des tirades enflammées, si Mélenchon cherchait à gommer son image de politique agressif, il n’a pas perdu sa soirée.

Ses militants et alliés comptaient beaucoup sur ce débat comme étage de laquelle l’eurodéputé saurait s’adresser à ses électeurs en dénonçant les incohérences d’un système libéral dont ils seraient les victimes. Ils ne doivent pas être déçus. Il n’a rien perdu de ses qualités oratoires, alternant saillies humoristiques, envolées lyriques et séquences professorales. Alternativement détendu, concentré, et parfois grave, il a plusieurs fois provoqué des éclats de rire sans rien sacrifier sur le fond.

Si Emmanuel Macron a été jugé le plus convaincant par 29% des téléspectateurs dans un sondage Elabe pour BFMTV réalisé pendant l’émission, Jean-Luc Mélenchon se classe deuxième (20%), juste devant François Fillon et Marine Le Pen (19%) mais loin devant son rival socialiste surclassé Benoît Hamon (11%).


Benoît Hamon (Parti Socialiste) : 

Quand Benoît Hamon a déroulé ses propositions, déjà présentées dans la primaire, il était à l’aise. Son propos était propre. Sans fautes. Offensif, le candidat du PS n’a pas ménagé ses coups en tentant de faire la différence. Dès les premières minutes, Hamon se met à décocher des flèches vénéneuses. Sa cible préférée : Emmanuel Macron, l’homme qui menace de faire imploser sa famille socialiste.

Lorsque François Fillon l’attaque sur son revenu universel et les «32 heures», Hamon renvoie l’ex-Premier ministre à ses propositions de suppressions de 500 000 fonctionnaires et à ses affaires. «Vous êtes très forts en soustractions, moins en additions, sauf quand il s’agit de votre propre argent». La phrase, visiblement préparée, a été un peu cachée par un Fillon continuant son propos. Mais, ciselée, elle restera.

En revanche, le candidat socialiste a eu du mal à surprendre, à tourner, en une formule, une séquence du débat à son avantage. Dans cet exercice, Jean-Luc Mélenchon s’est montré plus entreprenant. Sa phrase adressé à Fillon sur son «propre argent» et son piège tendu – et qui a fonctionné – à Emmanuel Macron sur la transparence du financement politique, tout cela était préparé. Malgré une image propre et un style de débat agressif qui joue bien avec les caméras, Hamon a parfois manqué de spontanéité.


Emmanuel Macron (En Marche !) :

Au début de son baptême dans cette discipline, Macron apparaît en retrait. Un peu raide et didactique, il déroule ses propositions, sans interpeller ses adversaires. La flèche que lui décoche Marine Le Pen sur le burkini puis les comptes que Benoît Hamon lui demande sur ses donateurs le piquent au vif. La première heure du débat : sur l’école, la sécurité ou l’immigration, Macron décline alors son programme en premier de la classe. Propre mais sans relief. Il avait occasionnellement des sorts de gaufrage (par exemple lorsqu’il était pressé sur la façon dont il traiterait les relations avec Donald Trump, et encore une fois en résumant). Pour le téléspectateur, le plus jeune des candidats est transparent au regard d’une Marine Le Pen en pleine forme et d’un Jean-Luc Mélenchon tribunitien.

Ses deux manières principales de se distinguer – son étreinte de l’Europe et sa candidature de non-partie – ont chuté à la fois. TF1, le canal qui a modéré le débat, a malheureusement relégué la question de l’Europe à la fin pressée d’une session de trois heures. Et, contrairement à Le Pen, qui présente l’image de l’outsider anti-élitiste à la perfection, Macron ne pouvait pas faire fonctionner son indépendance pour lui. C’était, en partie, parce qu’il est entièrement de l’établissement, même si sa carrière politique a été courte, mais surtout c’est parce que son inexpérience a montré. En plus, il a laissé les autres voler son tonnerre: Le Pen se présente comme le défenseur des entrepreneurs, et François Fillon a pris le manteau de l’adulte responsable en attaquant la proposition de la présidente du Front National de quitter l’euro.

Le candidat En Marche! a passé une partie non négligeable de son temps de parole à identifier des points de convergence avec ses adversaires, notamment avec François Fillon. «On est d’accord», «je souscris à cela», «ce qui vient d’être dit est juste»,«je partage cette priorité». Désireux d’incarner le dépassement des clivages, Macron a incarné l’alternance au “tic tac” des majorités de droite comme de gauche en ainsi distribuant des bons points à chacun des autres candidats, de Marine Le Pen, sur l’autisme à Jean-Luc Mélenchon sur la sécurité. Sans cesse renvoyé à son statut d’ancien ministre de François Hollande, Macron a habilement droitisé son discours en donnant raison à François Fillon à au moins cinq reprises sur les questions économiques ainsi que sur l’apprentissage, les institutions, ou encore le Brexit ! S’il voulait s’adresser aux électeurs de droite déçus par leur candidat, fragilisé par les affaires, il n’aurait pas fait autre chose.

Macron ne s’est pas trompé dans son premier grand test télévisé; au lieu de cela il a gagné en assurance au fil du débat – assez pour nier François Fillon la chance de trop rétablir sa crédibilité, et au point de rechercher la confrontation avec ses rivaux et tout particulièrement avec Marine Le Pen. Il a évité le faux pas des débutants que ses adversaires attendaient et peu à peu réussi à prendre de la hauteur. On connaissait Macron en champion de la “bienveillance”, et s’il a passé un long moment à chercher des points d’accord avec ses adversaires, y compris Marine Le Pen, c’est qu’il n’a guère su se montrer pugnace lorsqu’il se faisait harceler par ses compétiteurs. Essoré et défensif, il se laissa facilement pousser et provoquer. Ainsi, quand Macron prétend vouloir «une politique française forte et responsable», Le Pen avait raison de prendre les téléspectateurs témoin de la vacuité de ses vagues platitudes:  «Mais ça ne veut rien dire, forte et responsable! Vous arrivez à parler sept minutes et je suis incapable de résumer votre pensée», a raillé la candidate du FN.


François Fillon (Les Républicains) :

Entré fragilisé par les affaires, François Fillon a retrouvé son costume de candidat à la primaire, sobre, parfois distant, mais sûr de son projet, qu’il a qualifié de «plus cohérent et de plus stable». Spectateur des échanges entre Le Pen et Mélenchon d’une part Macron et Hamon d’autre part, Fillon a souvent été, dans la première partie de l’émission, signalé «en retard» dans son temps de parole. Certaines de ses propositions ont été au centre des discussions, comme l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans ou les quotas migratoires. Une manière de marquer Marine Le Pen sur le discours de fermeté. La question des retraites puis celles du temps de travail ont ensuite remis François Fillon au centre du débat, où, face aux assauts furieux de Jean-Luc Mélenchon, il a parfois pris des allures d’élève penaud.

Eclipsé pendant la première moitié du débat, c’est sur ce deuxième sujet, celui de l’économie, que l’ancien Premier ministre espérait donc faire la démonstration de son expérience et de la solidité de ses propositions. Accumulant du retard dans son temps de parole, l’ancien premier ministre s’est rattrapé sur l’économie et sa promesse de rupture libérale, distribuant alors les bons et les mauvais points à ses compétiteurs. Promettant la “ruine” à Marine Le Pen et raillant les “rêves” non financés de ses rivaux, sur les questions économiques, Fillon a parlé avec sensibilité, soulignant la nécessité urgente de créer les conditions pour stimuler l’investissement privé. Quant aux affaires étrangères, en revanche, il était un apologiste embarrassant pour Vladimir Poutine, dont l’invasion de la Crimée, il bizarrement assimilé à l’intervention occidentale au Kosovo.

Fillon s’est même offert plusieurs marques de soutien d’Emmanuel Macron qu’il a renvoyé plusieurs fois à son bilan. Mais dans sa confrontation avec Macron, le candidat LR n’aura pas réussi à faire, comme il l’espérait, la démonstration de sa supériorité. S’il a renvoyé son rival à son statut d’ancien «conseiller» de François Hollande qui n’avait «aucune légitimité» pour «gouverner le pays», il s’est attiré, en retour de nombreuses allusions à sa très grande ancienneté politique. Modérée mais constante, sa performance a atteint la bonne combinaison de compétence et une veine gaulliste d’esprit de clocher pour maximiser l’appel à la fois aux électeurs conventionnels de centre droit et ceux attirés par le nationalisme de Marine Le Pen. Ayant plutôt été à la tête du peloton, il se peut qu’il ait étouffé le saignement souffert par sa campagne à cause d’allégations de corruption sur le paiement des salaires officiels aux membres de sa famille. Cependant, les chiffres de son sondage ont flotté au-dessous d’un niveau précédent de 20%, ce qui suggère que – à court d’une grosse erreur de Macron – il peut faire peu pour restaurer sa fortune.

Alors que depuis fin janvier, et les premières révélations du Canard enchaîné sur l’emploi présumé fictif de Penelope Fillon, la campagne présidentielle est rythmée par les affaires, celles-ci ont été absentes du débat télévisé. François Fillon s’attendait pourtant à être au centre des attaques de ses adversaires sur ce sujet délicat. Mise à part de rapides allusions de Mélenchon et d’Hamon, Fillon a pu traverser cette soirée sans avoir à se défendre des accusations qui lui ont valu d’être mis en examen pour détournement de fonds publics, recel et complicité d’abus de biens sociaux. Un grand soulagement pour les fillonistes qui craignaient que les scandales ne rendent inaudible leur candidat. En fait, le candidat Les Républicains s’est même permis de venir lui-même sur ce terrain en proposant de mettre en place une « commission qui planche sur les conflits d’intérêts et les règles de la transparence » en cas d’élection à l’Elysée. Aucun autre candidat ne l’a alors interpellé.


Marine Le Pen (Front National) :

Un débat pour se construire une image de présidentiable. C’était l’enjeu pour Marine Le Pen. En tête de la quasi-totalité des sondages mais donnée perdante dans tous les cas de figure au second tour, Le Pen était venue chercher un surcroît de crédibilité présidentielle. Personne ou presque n’a cherché à la lui refuser. Pas de dérapage, pas d’outrance, même lorsque les autres candidats l’attaquent. Marine Le Pen garde son calme, répond certes pied à pied, mais préfère garder le cap et décliner son programme.

Le Pen s’est montrée suffisamment forte pour rassurer ses supporteurs. Si ses sympathisants votent Le Pen d’abord pour son discours en matière de sécurité et d’immigration, la candidate aura coché toutes les cases pendant ce débat. En tant que conférencier, au moins sur les sujets où elle se sent à l’aise, elle a pu dérouler, parfois sans aucune contradiction de ses compétiteurs, son projet contre l’immigration, contre «l’islam politique» et contre la mondialisation. Elle a salué la «grande» décision de la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne et ses appels à protéger l’économie nationale contre la «mondialisation sauvage» ont fait écho à Donald Trump. Pourtant, même elle a dit qu’elle «respecterait» les électeurs et leur laisserait décider, lors d’un référendum, quelles seraient les relations de la France avec l’UE, en supprimant son euroscepticisme pour rassurer les électeurs prudents qu’une présidence de Le Pen ne signifierait pas la sortie de l’Union jour un.

Enfin, ceux qui rejetaient déjà la frontiste continueront à le faire. Ceux qu’elle séduit, de plus en plus nombreux, ne demandaient rien d’autre. Elle voulait s’affirmer comme la candidate de l’indépendance de la France face à l’Europe et au libre-échangisme. Personne ne lui a contesté le rôle. Marine Le Pen elle-même n’aura pas surpris le public, avec ses qualités objectives — constance et combativité — et ses défauts manifestes : jamais loin d’une certaine suffisance, la frontiste ne sera pas toujours apparue aussi stoïque et présidentielle qu’elle le souhaiterait.


Les cinq principaux candidats ont débattu pendant plus de trois heures. Rien ne s’est passé pour déterminer la course, cependant. Les débats restants, mettant en vedette onze candidats qualifiés et offrant ainsi moins d’exposition chacun, sont encore moins susceptibles de le faire.

Le débat a peut-être été très intéressant en prévision de l’apparition de plus en plus probable du second tour entre Emmanuel Macron, pro-UE, pro-commerce et socialement libéral, et Marine Le Pen, une personnalité isolationniste et anti-immigrante. Au final, pas de grand vainqueur ni de vaincus. Mais une campagne électorale enfin lancée.

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Copeland By-Election

The reaction of the mainstream media to the defeat of the Labour Party in the Copeland by-election was wholly predictable. Of course, Jeremy Corbyn is not entirely blameless when it comes to the result, but the narrative that the blame is solely his has been uniformly set, and the mass of mindless political commentators is out in force regurgitating this simplistic trope. The reality, however, is that the decline in support for Labour in Copeland is not a new phenomenon, and is in fact an ongoing process that stretches back long before Corbyn was even elected to lead the party.

Simply put, Copeland was not a “safe” Labour seat in this by-election. It is true that Copeland had been Labour Party territory for decades, but it has become a marginal constituency, with a Labour majority of just 2,000 votes in 2015. The Labour peak in Copeland came in 1997 when Jack Cunningham won the seat with 58% of the vote. Ever since then the Labour Party has been on a downwards trajectory in Copeland -and Jamie Reed knew it when he resigned. Labour had lost 6.4% of the vote in 2001, another 1.3% in 2005, another 4.5% of the vote in 2010 and yet another 3.7% in 2015.

The 2017 by-election saw yet another decline in the Labour vote share of 4.9%. That means that Labour has lost support in Copeland in five successive elections over the course of the last 20 years. Corbyn clearly cannot be blamed for that long-term decline in the Labour vote, but he has evidently failed to reverse the trend. Yet, even if Labour had been able to arrest the decline in its vote share, it would still have lost the Copeland by-election. In 2015, 42.3% of the vote was enough for Jamie Reed to win the seat, but the Tory candidate this week bagged 44.3% of the vote.

The question, then, is how did the Tories manage to leapfrog Labour to such an extent that Labour would still have lost even if their vote share had remained intact? The answer lies in the collapse of the UKIP vote, which fell from 15.5% in 2015 to just 6.5% in 2017. This 9% fall in their vote share is almost exactly mirrored by the 8.5% increase in the Tory vote.

The real story from Copeland is that voters across the country are abandoning UKIP in their droves to throw their support behind Theresa May’s right-wing authoritarian agenda. In the run up to the 2016 EU referendum, UKIP consistently polled above 15%. Less than a year later, they’re averaging less than 12% and gradually slipping further. As the single issue party now bereft of that single issue, it is inevitably to a Tory government mimicking UKIP’s anti-European posturing and anti-immigration rhetoric that UKIP is shipping its votes, rather than to the europhile Liberal Democrats or a Labour Party too focused on internal factional conflict to define a coherent position for the party on Brexit.

Whether Labour is led by Jeremy Corbyn, or by some as-yet-unnamed alternative figure more popular and talented than any of the numerous already defeated contenders, the leeching of the UKIP vote threatens to entrench Tory rule for decades to come. The Tories already have a considerable electoral advantage, and if they pick up further percentage points from UKIP and succeed in the gerrymandering of constituency boundaries, England will end up as a de facto one-party state.

Even a unified Labour Party promoting consistent political alternatives would be facing an uphill challenge given this inevitable leeching of UKIP sympathisers, but in its current state, Labour faces electoral oblivion. Among its priorities ought to be a renewal of its appeal to Scottish voters. In the last election, the Scottish National Party won 40 seats from Labour, which, under Blairite leadership, had taken left-leaning Scotland for granted for far too long. Yet, Labour Party politicians the stature of Sadiq Khan seem determined to consign Scottish Labour to irreversible ostracisation with insulting rhetoric that labels the majority of working age Scots as racists for daring to seek independence from Westminster rule.

To pin the blame solely on Jeremy Corbyn, then, is demonstrably ludicrous. Corbyn cannot help being a limited public speaker. Neither can he help the fact that talent is so sparse in the Labour Party ranks that he has seen off all leadership challengers with consummate ease. The internal party critics, however, could have actually tried to contribute to a victory, rather than constantly plotting, backstabbing and briefing against him to the press before howling hysterically when a divided Labour then loses elections.

Current Affairs Without History

Current affairs cannot be understood without an appreciation of history. It goes without saying that history is an ongoing process, and that the status quo of politics and international relations in which we operate is the culmination of centuries of events. It is therefore insufficient to merely watch the news, absorb its narrative, and regurgitate its zeitgeist without a greater consideration of the wider historical context.

Just as the origins of the Second World War cannot be understood without an appreciation of the First World War, equally, the origins of the civil war in Syria lay far deeper in history than the events of the Arab Spring, and police brutality against the black community in the United States is but a more recent incarnation of historic institutional racism.

Take the issue of Brexit, for example. The decision to leave the European Union will likely be the most important political decision made in Britain for a generation. Admittedly, BBC Question Time is no longer – if ever it were – the epitome of informed and accessible debate on politics and current affairs. Nevertheless, what the participation of its audience betrays is the astonishing prevalence of historical illiteracy in this country, even among those who are comparatively engaged with current affairs. The rose-tinted jingoism of Question Time‘s Brexiteer audience members, who are sufficiently interested in the subject matter as to seek participation, represents a galling ignorance of crucial history and a disregard more generally of the importance of examining historical context.

Every Thursday night, David Dimbleby unwittingly invites the obligatory pompous Brexiteer in the audience to ignorantly eulogise about the glorious centuries of long since lost British grandeur. Last night was no different. One audience member, demanding that Labour’s Owen Smith stop “whinging” about Brexit, and denouncing the European Union as an obstacle to true democracy in Britain, declared that:

“For thousands of years, Britain has ruled in a wonderful way. We’ve been a light unto the world!”

It is difficult to know where to begin with that assessment. Some leapt to her defence, citing her right to an opinion. Frankly, however, the validity of amateur opinion on the subject of imperial rule pales against its demonstrable realities. Moreover, it is this propagation of ill-informed jingoism that betrays the shameful prevalence of historical illiteracy and imperial hubris in this country. Most disconcertingly, this is the expressed conviction of someone who, by participating in Question Time, is demonstrating an engagement with current affairs far greater than that of much of the public. If even those who claim an interest in current affairs fail to appreciate the importance of historical context, the likely ignorance of wider society to such themes ought to be alarming.

I will, however, leave aside my previously expressed thoughts on Brexit and focus on addressing the myriad absurdities spectacularly crammed into that seven-second statement.

Firstly, the simple claim of “thousands of years” of British rule. I must be somewhat ignorant of the dominance of the British in the Neolithic era of three thousand plus years ago, during which time Britons began renouncing their hunter-gatherer lifestyles, instead adopting the newfangled practices of agriculture. Two thousand years ago, it was the Romans ruling Britannica. After them came the Vikings, the Anglo-Saxons and the Normans, and – ignoring the fact that they were not at all British – they were still far from ruling the world. Even one thousand years ago, the Normans had not yet arrived, and it was China that ruled with the British irrelevant on the world stage. Indeed, during the thirteenth century, the Mongols decided against invading deeper into Europe because the potential spoils of war were far greater in China and the Middle East.

Secondly, the claim that Britain “ruled in a wonderful way”. I’ll go into a little more detail here, just in the hope of smashing a few astonishingly prevalent myths surrounding British history. Instead of “thousands of years” of British rule, then, this audience member was presumably referring to the period of several hundred years during which Britain arguably exercised global dominance. Herein lies the problem. There is little accounting for the motivations, methods and justification through which such dominance was achieved. The answer, of course, is that it was achieved through, and guaranteed by, empire. That empire was not given, earned or acquired fairly, but stolen through invasion, subjugation and murder, and maintained through devastation, exploitation and genocide. What seems disconcertingly to be required, is a sobering recognition of the brutalities of British imperialism, pursued solely for the rapid accumulation of wealth and power, with “scientific racism” embraced as a means by which to legitimise the depredation of the inferior Other.

1) Transatlantic Trafficking of Enslaved Africans

Before the Abolition of the Slave Trade Act in 1807, Britain had been the foremost slave trading nation in Europe. In 245 years, British ships made 11,000 voyages to the New World, trafficking 3.4 million enslaved Africans and condemning them to a lifetime of brutal oppression on the plantations of the Caribbean and the Americas.

The abolition of the slave trade, however, was not the product of a moral awakening as to its inhumanity. On the contrary, it was a pragmatic response to shifting economic conditions and the threat of slave revolt, as witnessed in Saint-Domingue between 1791 and 1804. The institution of slavery continued in British colonies until 1833, and in territories delegated to the East India Company until as late as 1847. When slavery was finally outlawed, it was the expropriated former slaveowners – not the former slaves – that received financial compensation from the government.

2) British Concentration Camps in the Boer War

During the Second Boer War, the British army established concentration camps in which it imprisoned around 115,000 civilians, mostly women and children, to prevent their support of enemy fighters. Black people were also forced into camps as labourers for the re-opened gold mines.

With insufficient food supplies, unsanitary conditions and inadequate medical arrangements, around 28,000 Boer women and children and at least 20,000 black people died in these concentration camps.

Boer families in a British concentration camp at Eshowe, Zululand, 1900.

3) The Partition of India

In 1947, Cyril Radcliffe was tasked with doing something for which the British were already notorious – drawing ill-considered, often arbitrary, straight lines on a map to create volatile new states. The border between India and Pakistan was decided over the course of one single lunch.

The border was drawn along religious lines, dividing colonial India into Hindu-majority India and Muslim-majority Pakistan. Ten million Muslims and Hindus caught on the wrong side of the line were uprooted, and around 1 million people died in the ensuing violence.

Muslim refugees having fled India after the partitioning of the country in 1947 at a shantytown in Karachi, Pakistan.

4) The Suppression of the Mau Mau Uprising

In 1952, Mau Mau fighters from Kenya’s major ethnic group, the Kikuyu, rebelled against the colonial rule responsible for their economic marginalisation and the expropriation of their lands by white settlers.

The British declared a state of emergency and moved in army reinforcements. The Kenya Human Rights Commission claims 90,000 Kenyans were executed in the ensuing violence, with thousands more tortured and abused during the suppression of the uprising.

British policemen hold men from Kariobangi at gunpoint while their huts are searched for evidence of their participation in the Mau Mau Rebellion of 1952.

5) Famines in India

Under British rule between 1765 and 1947, there were 15 major famines in colonial India, leading to the deaths of between 12 and 29 million people.

In 1943, Winston Churchill diverted food supplies from India to British troops fighting in the Second World War. As many as 4 million Bengalis starved to death as a result.

Starving Indian men in 1900.

Contrary to the assertion of that audience member, then, British rule was far from “a light unto the world”. Although such a brazen claim resonates as chillingly jingoistic to any reader of history, the reality is that she is far from alone in clinging to this absurd conviction. A recent poll found that 59% of Brits believe that the British Empire is something to be proud of, and almost half of survey respondents felt that the former colonies “were better off” as a result of their colonisation. Particularly prevalent since the Brexiteers promise to “take our country back”, this imperial pomp has been diagnosed by academic Paul Gilroy as a symptom of “postcolonial melancholia”. Integral to this nostalgic yearning for a time when Britain “ruled the waves” as a great power are the silencing of the brutality of empire, the neglect of the hundreds of millions of people who died at the hands of its vicious regime, and an ignorance of the fact that it was eventually the rebellions of the oppressed that forced its rightful collapse.

Herein lies the crux of my argument. The persistence of such troubling public opinion is an indictment of the failure of our school system to provide even a cursory history of empire. Given the shameful atrocities detailed above, it is perhaps scarcely surprising that school children might skip from Henry VIII to the Nazis, omitting that vital period in between in which Britain ruled over the greatest empire ever known. Yet, it is in this void of inadequate education that foments a misplaced nostalgia for former glories, a subscription to the comforting myth of benign British rule, and a susceptibility to what Winston Churchill described as “its glories and all the services it rendered to mankind”. Simply, if the history of empire is not taught at school, it is too rarely learned later. In popular culture, the narrative of empire is artfully navigated. Allusions to such history concede merely superficial detail so as to avoid the disturbing reckoning with the brutality of colonialism that its accurate depiction would provoke. Thus, an unapologetic adulation of empire cajoles the uninformed into believing in a falsified version of benevolent imperialism in order to avoid confessing to the shameful realities of “scientific racism” and the systematic exploitation of a fifth of the world’s population.

It is therefore excruciating to hear this lauding of the value of the Commonwealth and the express wish to exploit its plentiful bounty, precisely because such a mentality ignores this relevant history. Brexiteers revel in citing the ambiguous “shared values” of the Commonwealth and in espousing fanciful dreams of favourable trade deals with Canada, Australia and New Zealand. Yet, their appeal to the Commonwealth is itself the result of this resurgent imperial nostalgia, and it belies a conceited albeit abstract longing for the reinstatement of the glorious British dominance of that relationship. Brexiteers decry the injustices of immigration laws that elevate the status of EU citizens above that of those from the Commonwealth. Yet, studies into the motivations of Leave voters suggest that they would object to the influx of immigrants from Jamaica, Nigeria and Pakistan likely incurred as a result of the revival of trading relations with the Commonwealth.

The absurdity of the term “Commonwealth” is itself normalised. The very notion of “Great” Britain, and the wealth in which it basks to this day, is intimately tied to the subjugation and exploitation of these countries through empire, colonialism and slavery. The stolen profits of this tyrannical hegemony fuelled the ascension of Britain to global power status, while fomenting the devastating poverty, instability and conflict that continue to wreak havoc on many parts of the Commonwealth. In truth, nothing could be further from the truth than this myth of the creation of, and sharing in, a “common wealth”.

Perhaps we reminisce about the days of empire, and pine for Britain to be great again, because to do so avoids any uncomfortable reckoning with its terrible colonial legacy. Perhaps an education of the horrific brutality at the dark heart of empire would provide a necessary antidote to these destructive currents of post-colonial melancholia which, sadly, remain prevalent in our societies to this day. Perhaps it is only through the study of history that we may ever hope to arrest the slide of mankind towards further atrocities.