Le Front national

Le Front national fait-il partie de la montée de l’extrême droite en Europe ?

Marine Le Pen ne prétend pas en ce qui concerne les fortunes du FN. Elle reconnaisse par contre les victoires de son parti juxtaposées contre la crise presque fatale qui les précédait. Un jet à l’œil à la campagne électorale renvoie plusieurs références comme celle-ci : « Quand le @FN_officiel a failli disparaitre en 2007 […] »[1]. Huit ans après de cette quasi-disparation, le FN est à la tête de la politique française après du premier tour des élections régionales, et Marine Le Pen devient la candidate à vaincre aux élections présidentielles en 2017.[2] L’émergence récente du Front national encapsule le désillusionnement croissant du système partisan actuel en France, même s’il ne cède en lui-même le positionnement du parti sur l’échiquier politique. Cette rédaction contient alors deux objectifs : de trouver d’abord une définition de « l’extrême droite » et de débattre s’elle s’applique au FN, et puis de décider si la popularité de sa rhétorique est liée à un sentiment qui se trouve parmi des autres mouvements radicaux européens.

Il faut d’abord définir l’étiquette de « l’extrême droite », surtout en sachant que ceux qui le reçoivent ont tendance à le rejeter. Dans une vaste étude, Cas Mudde a identifié les cinq caractéristiques principales de l’extrême droite : le nationalisme, le racisme, la xénophobie, l’anti-démocratie et la croyance en un État fort. Il répertorie aussi le nativisme, l’autoritarisme et le populisme comme éléments fondamentales des partis populistes de la droite radicale.[3] Craig Parsons ajoute que les politiques de l’extrême droite comprennent d’habitude les positions contre-immigration et contre-intégration envers les groupes considérés indésirables.[4] En effet, l’idéologie du FN a été largement décrite par les chercheurs dans ces termes, comme autoritaire, nationaliste et populiste par James Shields, par exemple.[5] Cependant, le parti a considérablement changé depuis sa fondation à cause de sa poursuite les principes du pragmatisme, et de l’adaptation à l’évolution du climat politique. En même temps, son message influence de plus en plus les partis traditionnels alors que le FN ait déménagé un peu plus vers le centre-droit, notamment sous la direction de Marine Le Pen qui poursuit depuis son élection comme présidente la « dédiabolisation » en s’éloignant des positions les plus controversées de l’ancien chef. Elle présente un discours plus respectable, et elle met l’accent sur les problèmes plus sociaux avec une tentative de diminuer l’influence des racistes du parti.

Son positionnement sur l’échiquier politique n’est pas donc aussi évident. C’est un parti qui se présente comme au-delà du dichotomie gauche-droite, et ses représentatives ont souvent proclamé que le FN n’est ni un parti de gauche ni de droite.[6] Il faut donc considérer ce que l’étiquette « droite » implique lorsqu’elle est appliquée à l’extrême droite, étant donné que de nombreuses parties étiquetés de cette façon, qui avaient tendance à avancer les programmes du marché libre des néo-libérales, préconisent maintenant des politiques économiques plus traditionnellement associés avec la gauche, tels que l’anti-mondialisation, le protectionnisme, et la nationalisation. En effet, le FN soutien le développement des politiques économiques désignées pour protéger l’entreprise native et les ouvriers du commerce libre globale, et les appels de Le Pen pour les solutions telle que la renationalisation des atouts vitaux y compris l’énergie et le transport assurent que le FN se positionne actuellement à la gauche des démocrates sociaux centristes. Le FN, dans un effort à transcender la dichotomie politique bipolaire, propose de nos jours ces politiques économiques nativistes qui l’a rétabli profondément à la suite de la crise économique globale, l’augmentation du chômage, et les déclins subséquents des standards de vivre. Au noyau dur de l’électorat du FN à l’extrême de l’échiquier politique, ceux qui se sentaient déjà assaillis par les marchés libres et submergés par les frontières ouvertes, se sont ajoutés à cause du désillusionnement quelques millions d’électeurs venus, de la droite modérée parce qu’ils la trouvaient trop trop pro-européen, ou trop tièdes sur la sécurité, ou de la gauche parce qu’ils se sentaient trahis par elle par l’ouverture de frontières économiques ou par le multiculturalisme. Tous se perçoivent d’avoir perdu leur sécurité de travail, leur identité et la qualité de leurs vies. Il est donc contre cette méfiance atavique du marché libre que le FN propose un État fort comme protecteur tant de l’ordre public que des « petites gens » avec la protection de la main d’œuvre nationale et de l’industrie française. Le FN se présentait donc pendant les élections européens en 2014 et il s’est classé au premier gagnant 4.7 millions votes, soit 24,86% du vote.[7] Qu’ils soient originairement de droite ou de gauche, ces électeurs sont rendus solidaires par leur paupérisation économique. S’il existe des motivations distinctes, cela n’exclut pas qu’il y en ait aussi de communes, comme leur attraction au discours frontiste. La croissance du FN semble donc correspondre avec les théories les plus courantes pour expliquer le soutien des partis étiquetés comme « extrême droite », y compris la thèse de la privation relative et la thèse des perdants de la modernisation, proposés par Jens Rydgren.[8]

Les deux autres théories de Rydgren, celle de la sociale de panne et celle de la concurrence ethnique, sont adressés aussi clairement par le FN. Il reproche le système politique actuel pour sa soumission à la mondialisation et à l’immigration massive qu’il entraîne. Selon ses partisans, la France a cédé ses pouvoirs souverains aux bureaucrates de l’UE qui suppriment les frontières. En plus, ils attribuent le manque de travails, les baisses aux salaires et la dépréciation des standards de vivre aux échecs – même trahies – commises par des gouvernements consécutifs nationaux et supranationaux.[9] Il apparaît donc un populisme identifié comme une défense du patrimoine autour duquel elle se répand la peur, comme si les français, soient « nous », sont attaqués par les marchés libres et les immigrés, soient « eux ». Le parti incite cette division avec ses cries démagogiques pour les frontières défensives. Pour son opposition à ces visions, l’Union européenne reste constamment condamnée par Le Pen qui elle-même constate que les « fossoyeurs » de Bruxelles précipitent la France « sur la voie de sous-développement ». Celui-ci est un phénomène qui se reproduit partout en Europe, loin au-delà de la France. Il existe de nombreux partis partout à travers de l’Europe qui partagent ces sentiments au sujet de l’UE et de l’immigration massive, par exemple le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), le Parti pour la liberté (PVV) aux Pays-Bas, et le Parti autrichien pour la liberté (FPO). Ces partis nationalistes et eurosceptiques ciblent la retiration de leurs pays de l’Union européenne pour imposer des restrictions sur l’immigration, et ils sont arrivés récemment parmi les partis majeurs dans leurs pays respectifs. Pendant que des centaines de milliers de personnes fuissent des zones de conflit dans des pays comme la Syrie et l’Afghanistan vers l’Europe, ces partis parlent aux craintes de ce que l’afflux va signifier pour leurs pays d’accueil. En plus, ils renforcent également leur position anti-UE, en l’attaquant pour son incapacité à atténuer la crise. Néanmoins, il faut remarquer que la majorité des contre-parts du FN ne partagent pas l’hostilité du FN au néolibéralisme, sauf le Parti du peuple danois (DF) qui a récemment décalé ses politiques économiques d’une façon similaire à celle du FN pour mieux attirer les danois ethniques paupérisés par les effets de la globalisation. Cependant, ce sont généralement des alliés dans la révolte contre l’UE perçue supranationaliste et l’immigration massive.

En conclusion, la croissance du Front national se sert comme évidence de la méfiance du mondialisme perçue responsable pour les défis auxquels les français actuels font face. Nul ne saurait ignorer aussi la popularité de sa rhétorique démagogue pour la réclamation nécessaire du contrôle total des frontières pour sauvegarder la France socio-culturelle. Par contre, ayant considéré leurs positions économiques défensives, l’étiquette « extrême droite » paraît inexacte. En fait, les positions traditionalistes et protectionnistes du FN suggèrent que le parti serait mieux étiqueté comme nationaliste, ethno-communautariste, et populiste. En définitive, la popularité croissante du FN ne s’appliquent guère comme évidence d’une montée de l’extrême droite, mais elle reflet quand même la croissance exponentielle déjà adressée de la nativisme nationaliste, populiste et démagogique autour de l’Europe.

[1] Marine Le Pen (@MLP_officiel) sur Twitter, 30 novembre 2015 [récupéré le 1 décembre]

[2] Jean-Pierre Clatot, ‘Sondage 2017 : Hollande éliminé au 1er tour, Marine Le Pen en tête’, Le Parisien, 6 Septembre 2015, http://www.leparisien.fr/politique/sondage-2017-hollande-absent-du-second-tour-marine-le-pen-en-tete-06-09-2015-5066695.php [accédé 29 novembre 2015]

[3] Meindert Fenemma, ‘Some Conceptual Issues and Problems in the Comparison of Anti-Immigrant Parties in Western Europe’, Party Politics, Octobre 1997, vol. 3 no. 4, pp.473–492.

[4] Craig Parsons et Timothy M. Smeeding, Immigration and the Transformation of Europe (Cambridge University Press, 2006) p.18.

[5] James Shields, The Extreme Right in France: From Pétain to Le Pen, (London: Routledge, 2007), p.310.

[6] Shields, The Extreme Right in France, p.274.

[7] Résultats des élections européennes 2014, Ministère de l’Intérieure, http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Europeennes/elecresult__ER2014/(path)/ER2014/FE.html, 25 mai 2015, [accédé 28 novembre 2015].

[8] Jens Rydgren, ‘The Sociology of the Radical Right’, Annual Review of Sociology, August 2007, vol. 33, pp.241-262, p.247.

[9] Marine Le Pen à l’Union d’Oxford, 5 Février 2015.

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